Du rustique au contemporain design : la rénovation d’une maison

WILFRID DEYDIER

ARCHITECTE D'INTERIEUR

Ne plus se reconnaitre dans sa propre maison ; évoluer, grandir, changer, tandis que cet espace dans lequel on vit chaque jour est resté figé dans notre passé. Avec les mêmes vieux meubles, la même décoration pourtant de si bon goût autrefois…et qui 20 ans plus tard est d’un rustique qui nous est désormais étranger.

C’est avec cette profonde envie de changement et de renouveau que les propriétaires des lieux ont confié leur maison à leur architecte d’intérieur qui à l’image d’un tailleur de diamant a révélé, facettes par facettes, toutes les beautés de cette habitation.

 

Faire entrer la lumière

A l’entrée, les murs ont été cassés pour unifier l’espace : plutôt que de séparer le hall et le salon, l’architecte créé un lieu vaste et aéré où la lumière circule librement et illumine l’atmosphère. De même pour la cuisine qui s’inscrit dans l’espace convivial et qui se démarque par un muret vert anis extrêmement lumineux.

Au sol, la pierre cuite a disparu, remplacée par de larges dalles de carrelage claires qui agrandissent et allègent elles aussi visuellement la pièce.

Des spots lumineux scintillent par dizaine sur les faux plafonds et les cordons led éclairent les plafonds creux. Ils s’invitent également dans les escaliers, illuminant chaque marche du plus bel effet.

Toujours dans sa réflexion sur la lumière, l’architecte introduit la transparence dans son projet. Une pureté immaculée qu’il personnifie d’abord avec un très joli lustre en cristal de Murano et un autre luminaire signé de la maison italienne Kartel. De la nitescence également avec une console et une table basse aux lignes très épurées et contemporaines.

Enfin, Wilfrid Deydier choisit de mettre en scène la beauté de la transparence avec ces vases italiens en verre soufflés dont les orangers et les verts anisés sont comme suspendus dans les airs, trônant tels des objets d’art au cœur d’un musée.

L’architecte expliquant qu’un intérieur qui nous ressemble est celui auquel on confère une valeur esthétique par la mise en relief des objets que l’on aime.

 

Jeux de perspectives

Dans ce projet, l’architecte d’intérieur choisit d’implanter toutes les orientations à 15°. Il rompt avec le volume rectangulaire de l’ensemble, apportant ainsi une perspective dynamique à l’espace.

Le positionnement stratégique des miroirs qui se répondent entre l’entrée et le salon décuplent également l’impression de grandeur et de luminosité.

Les poutres métalliques peintes en bleu nuit habillent quand à elles les plafonds d’une touche industrielle et contemporaine. Le travail sur le plafond et les volumes aériens de la pièce se poursuit avec la création d’une pointe en porte-à-faux. Traversant le salon jusqu’à l’entrée, elle créé une continuité entre ces deux pièces, rappelant dans un même temps les perspectives singulières mises en lumière dans ce projet. La pointe termine son tracé au-dessus de la jardinière qu’elle met en lumière grâce au nombreux sports lumineux dont elle est sertie.

 

Dynamisme et contemporanéité

Sur les murs et les sols clairs et lumineux, l’architecte introduit du relief avec des couleurs fraiches, urbaines et énergisantes. L’oranger et les verts anisés pour la fraicheur. Du rouge sur les sièges cygnes, le tapis et les tableaux pour la touche énergisante. Un bleu canard contemporain pour l’arche à l’entrée du salon. Enfin, une dernière touche colorée et vive au premier étage avec un pan de mur, celui que l’on voit en montant les marches éclairées, où le rouge se décline sous différentes tonalités, rouge de mars et rouge alizarine, pour accueillir de façon graphique les photographies prises par le propriétaire des lieux lors de ses nombreux voyages. Une manière astucieuse de donner une fonction esthétique à ces clichés, et de pouvoir les introduire dans le projet de rénovation de cette maison.

Si les différentes couleurs introduites par touches dans ce décor lui confèrent vivacité et énergie, le travail autour de nombreux matériaux donne de la rondeur et du style à l’atmosphère de la maison. Les cuirs des canapés aux lignes contemporaines apportent confort et luxe, les tissus des fauteuils cygnes rouges sont chaleureux, le métal des poutres et des horloges offre au décor les allures urbaines du musée d’Orsay. Les meubles laqués introduisent quand à eux de la brillance et les jeux de transparence sont élégance et pureté.

Effet de matière et mélange entre le suranné et le moderne également avec le traitement de l’ancienne table à manger : poncée, vernie et huilée, cette table monastère est totalement remise au goût du jour en s’associant avec des sièges contemporains en cuir blanc.

De l’originalité avec l’inattendu chauffage extra-plat. Posé sur un poteau porteur en pierre de parement et aux angles en inox poli, il a l’allure d’une œuvre contemporaine représentant des aigrettes de pissenlit qui s’envolent. Un esprit graphique et abstrait que l’on retrouve aussi avec les rideaux rayées et le tapis coloré et contemporain.

Si l’on est passé d’une maison qui ne plaisait plus aux propriétaires à un espace au décor raffiné, dynamique et design, la grande réussite de cette rénovation se trouve dans la convivialité et la chaleur que l’architecte a su introduire dans cet aménagement. Les volumes ouverts sont une invitation à la communication architecturale, les photographies prises au cours des voyages des propriétaires et notamment celles de New-York mises en scène dans le salon sont une ouverture sur le monde. Une ouverture symbolisée avec la jardinière qui nous accueille dès l’entrée, les bras ouverts, dans un espace où nature, vie et urbanisme se mêlent à merveille.